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I.
Localisation précise
a. Pays: Roumanie
b. Province ou région: Département de Hunedoara, département d'Alba, province historique de la Transylvanie
c. Le nom du bien: Les forteresses daces des monts d'Orastie
1. Sarmizegetusa Regia - la capitale du royaume dace - village Gradistea de Munte, commune Orastioara de Sus, département de Hunedoara (connue dans la littérature historique sous le nom de Gradistea Muncelului ou Sarmizegetusa Regia).
2. La citadelle dace de Costesti-Cetatuie - village Costesti, commune Orastioara de Sus - département de Hunedoara.
3. La citadelle dace Costesti-Blidaru - village Costesti, commune Orastioara de Sus, département de Hunedoara.
4. La citadelle dace de Luncani - Piatra Rosie - village Luncani, commune Bosorod, département de Hunedoara.
5. La citadelle dace de Banita - village Banita, commune Banita - municipe Petrosani, département de Hunedoara.
6. La citadelle dace de Capâlna - village Capâlna, commune Sasciori, département de Alba.
Les forteresses daces proposées se trouvent au sud-ouest de la province historique de la Transylvanie.
d. Localisation sur les cartes et indications des coordonnées géographiques.
Indications des coordonnées géographiques:
- 47°27’ - 45°497’ latitudes Nord,
- 23°09’ - 29°31’ longitudes Est.
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a.
Déclaration de valeur
La civilisation des Daces a été créée par la population nordique des Thraces, le peuple connu dans l'histoire sous le nom de Gètes, donné par les vieux Grecs ou de Daces, donné par les auteurs latins. (à comparer avec Keltoi et Galli).
Dès le milieu du II-ème s. av. J.Ch. l'épanouissement économique et culturel, dont on peut trouver la plus authentique caractérisation dans la formule lapidaire de Trogue Pompée incrementa Dacorum per Rubobostem regem, est illustré avant tout par l'apparition et le développement des habitats fortifiés et la construction des citadelles défendues par des remparts en pierre (les forteresses daces des monts d'Orastie).
En renonçant à une esquisse même sommaire de l'histoire des Daces on doit remarquer deux évènements d'importance majeure:
- la création du royaume dace sous le roi Burebista (82-44 av. J.Ch.) et l'élargissement territorial du etnos géto-dace fait la Dacie émerger en force dans la conscience historique gréco-romaine. Quoique fractionné par les hérèdes, premièrement en quatre et puis en cinq parties, l'Etat de Burebista marquait l'effondrement du pouvoir tribal, l'articulation du monde des Gèto-Daces sous de nouvelles formes, cohérentes à l'intérieur d'un espace géographique; un nouveau centre de pouvoir barbare, basé sur une force économique en rien négligeable et un potentiel démographique important (Strabon, Geogr. VII, 3,13).
- le deuxième moment est la restauration du royaume dace dans la deuxième moitié du premier siècle apr. J.Ch., sous le dernier roi, Décébale (87-106); plus restreint, mais mieux structuré, il a été supprimé après la conquête romaine (106), quand la Dacie devient province de l'empire.
Dans la période comprise entre le règne de Burebista et celui de Décébale à été créé le système défensif des citadelles des monts d'Orastie, unique dans l'architecture européenne. Autour d'elles et dans d'autres habitats sont apparus des sanctuaires aux formes relativement semblables, qui sont l'expression d'une religion forte et prestigieuse, bien établie et entièrement articulée.
Toutes les données de la vie quotidienne des petits établissements, qui diffèrent seulement en détails des autres sites barbares, s'effacent devant le fort impact de l'architecture militaire et sacrée des Daces, surtout dans les sites des monts d'Orastie.
Les sanctuaires, témoins des cérémonies d'autrefois, autant que le système défensif, suggèrent l'étroite relation entre l'esprit guerrier et la religion, entre la religion et l'Etat (Strabon, VII, 3,5, Jordanes 71-72).
Au temps de Burebista et de Décébale, les Daces commencent à bâtir des forteresses (citadelles). Si les acropoles fortifiées sont connues dans beaucoup d'établissements, fortifiés ou non (davae), les citadelles des monts d'Orastie ont la qualité d'être de véritables maillons d'un système défensif unique par sa complexité; une vaste région (de 500 km2 environ) est parsemée de forteresses, petits forts, tours de guêt. La prédilection des Daces pour les parements à blocs de taille se manifeste dans l'architecture militaire, mais aussi dans les oeuvres constructives à l'intérieur du site, (murs de soutènement des dizaines de terrasses anthropogenèses), sanctuaires, voies, adductions d'eau, peut-être la montagne sacrée des Daces - Kogaionon. L'échelle et les proportions, la grâce sculpturaux de l'aire sacrée, imprégnée d'une spiritualité médiée par la croyance dans l'immortalité, assure au site de Sarmizegetusa sa valeur d'exception.
Les citadelles à fonction purement militaire font l'objet de notre démarche et reflètent la phase classique de la civilisation dace, son "âge d'or".
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b.
Analyse comparative
La variété de l'architecture militaire des Géto-Daces est prouvée par le système ingénieux de fortification et les matériaux mis en oeuvre à cet effet.
Si les techniques de fortification ont leur origine dans le premier âge du fer, au cours de leur évolution historique, les Géto-Daces vont assumer d'autres modèles ou éléments extérieurs, en les ajustant selon leurs conceptions ou leurs nécessités. C'est premièrement cet équilibre entre la tradition et l'innovation qui confirme la continuité culturelle et ethnique.
La civilisation géto-dace a été raccordée aux paradigmes culturels des Thraces du Sud, des Illyres, des Celtes (à l'intérieur de l'arc carpatique) et spécialement des Grecs et des Romains.
Une comparaison entre les civilisations dace classique et celtique de la phase oppidanne surprend une série d'éléments communs.
Les relations entre les deux civilisations dans la période de domination celtique en Transylvanie, (IV-ème - II-ème siècles av. J.Ch.), mais aussi dans la période d'expansion géto-dace dans le bassin du Danube pannonique (premier siècle av. J.Ch.) ont pris la forme d'une intime cohabitation, véhiculant des concepts et pratiques culturelles communs: la métallurgie du fer, la remarquable prolifération des émissions monétaires locales dès le III-II-ème siècles av. J.Ch, les pratiques funéraires.
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