VASES DE GRANDE CONTENANCE

 

A. -- LES GRANDES AMPHORES

l. - Catégorie recouverte d'un engobe blanc

Les grandes amphores à engobe sont moins nombreuses et pa­raissent plus anciennes que celles qui en sont dépourvues. Elles -gisent, en général - mis à part quelques petits fragments amenés près de la surface par les remaniements du terrain -, dans les parties profondes de la fouille. Elles sont les plus anciennes et paraissent avoir été apportées à Histria peu après la fondation de la ville, dans le troisième quart du VIIe siècle avant notre ère.

Comme il se conçoit, à cause de leur taille, ces grands vases n'ont été retrouvés qu'en fragments. Néanmoins ce qui nous reste de cols, d'épaules, d'anses et de fonds et surtout plusieurs grands fragments ( fig. 62, 63, 65) ont donné de suffisantes indications pour pouvoir reconstruire avec certitude certains d'entre eux (fig. 64, pl. I, en couleurs; cf. fig. 66).

Les éléments de forme que nous possédons montrent trois caractéristiques: la concavité du col, la chute allongée de l'épaule, le diamètre très réduit de la base. La ligne du contour est d'une seule venue jusqu'à la base, sans pied apparent. Le fond du pied est plat ou légèrement creusé ( fig. 88 et 89). En aucun cas il n'est pointu, et je ne sais si ce svases méritent vraiment le nom de « Spitzamphoren » que leur ont donné Dragendorff [1] - et après lui H. Prinz [2] . Le pied vraiment pointu appartient à une autre catégorie d'amphores un peu plus récentes, sans engobe, et dont nous avons trouvé un fragment d'un beau travail au même endroit ( fig. 88 b). Ajoutons à ces caractères principaux de nos amphores leurs grandes dimensions, la longueur de l'anse qui, en raison de la chute de l'épaule, doit aller chercher très bas son attache inférieure, et l'existence invariable à l'embouchure d'un rebord arrondi comme un rouleau.

On rencontre par bonheur quelques amphores de ce type, et il est probable qu'il en existe encore beaucoup d'autres dans les colonies de Milet. Les indications les plus précieuses sont données par une amphore trouvée à Théra [3] , un grand fragment provenant de Daphné [4] seul publié parmi beaucoup d'autres, et une amphore complète de Naucratis [5]   malheureusement d'un' dessin assez défectueux. Ces amphores sont nombreuses à Naucratis et à Daphné [6] , où on les trouve dans les couches archaïques, ce qui leur assigne comme date le VIIe siècle. Il faut en rapprocher pour le type du décor une amphore, de Caeré et actuellement au Louvre, et une autre, trouvée aux environs de Marseille [7] , maintenant au Musée de la Société archéologique de Montpellier. On a également recueilli à Rhodes beaucoup de grandes amphores qui sont apparentées ànotre groupe par la forme ovoïde de la panse et par l'importance donnée au décor de l'anse [8] . Les unes et les autres appartient à la même famille grecque orientale.

            Le décor de notre groupe d'amphores à engobe offre des éléments qui prouvent que l'on se trouve en présence d'une fabrique bien déterminée. Le principe de ce décor est la grande importance accordée à l'ornementation de l'anse, avec l'emploi typique d'un ruban vertical qui descend parfois assez bas sur la panse. Cette manière de laisser pendre une ligne verticale et celle connexe de dépasser avec négligence un trait horizontal sans se soucier des bavures qui en résultent, sont de vieilles habitudes orientales que l'on retrouve chez les Mycéniens [9] , les Chypriotes et en général dans toute la céramique grecque orientale.

L'anse, à chacune de ses attaches, est ornée d'un cercle formé par un large ruban peint ( fig. 86 d). Un autre ruban couvre la partie supérieure de l'anse et descend sur la panse. Le rebord de l'embouchure est toujours peint. Le col n'a d'autre décor que les cercles qui entourent la partie supérieure de chaque anse; la partie antérieure est nue. Une bande circulaire marque la naissance de l'épaule. Sur l'épaule le décor est constitué par un enroulement qui a la forme d'un grand S couché, simple ou variant sur le même thème ( fig. 64). Sur la panse courent des bandes peu nombreuses, généralement quatre, jamais plus de cinq, dont trois sont parfois groupées au-dessous des anses et une ou deux plus bas. L'espacement des bandes sur la panse donne aux vases de cette fabrique un aspect particulier qui les différencient du groupe, pourtant si proche, de Rhodes. La bande de l'anse se prolonge jusqu'à la dernière bande circulaire où elle se perd.

L'argile de ces amphores est le plus souvent rosée avec des traînées grises, légèrement micacée. L'engobe blanc est parfois épais et luisant d'une belle qualité. La peinture est un noir brun, jamais un noir franc, qui est mat [10] sur certains fragments, lustré sur d'autres. Sur beau­coup de fragments la peinture est rouge selon une habitude courante à Histria. Une d'entre elles porte une d lettre incisées (marque de propriétaire ou de dédicant, fig. 184).

La grande quantité d'amphores de ce groupe trouvées à Naucratis et à Daphné - si l'on peut, comme je le crois, se fier aux descriptions - leur confère une origine ionienne certaine. Le fait qu'on ne les trouve ni à Vroulia, ni à Rhodes en général, relié à celui de leur présence en nombreux fragments à Histria rend fort probable l'attribution à Milet de leur fabrication [11] . Il semble bien que cette fabrique soit, à Histria, une de celles dont l'origine milésienne est la plus évidente. Je pense aussi avec Dragendorff que nous avons dans ces vases la première forme de l'amphore à vin, qui sera en vogue plus tard, cette fois véritablement pointue et véritablement rhodienne. Certains fragments très rares ont l'inté­rieur grisâtre et appartiennent à des récipients qui ont certainement apporté à Histria un bon vin de; Chios ou de Samos. Cependant, bien qu'elles soient élégantes et d'une notable capacité, elles durent se révéler peu pratiques. L'engobe nuisait-il au vin? La forme était-elle peu maniable? Toujours est-il qu'à Histria, et bien qu'elles y figurent surtout à titre d'offrande (voir p. 97), elles disparurent très tôt pour être remplacées par celles dont nous allons parler plus bas.

Le fragment d'embouchure n° bouchure de grande amphore. 10 ( fig. 70) fait présager à Histria l'existence d'autres fabriques usant de l'engobe blanc. Nous espérons arriver à découvrir assez d'indices pour pouvoir les caractériser un jour. D'ailleurs si, au lieu d'un compte rendu de fouilles, on faisait une étude générale des grandes amphores, il y aurait lieu de placer ici une catégorie intermédiaire où entreraient l'amphore de Montpellier [12] et celle du Louvre [13] , qui tiennent de la première par la forme et le décor, de la seconde par l'absence d'engobe. Mais, comme elles n'ont pas été trouvées à Histria, on ne peut que les signaler ici.

 

 

II. - Grandes amphores sans engobe

 

 

Les amphores sans engobe sont plus nombreuses comme il convient à une catégorie plus ordinaire. Leurs formes aussi sont plus variées. Mais le principe de leur décor reste le même que celui des amphores précédentes, ce qui paraît déjà à priori, une preuve de leur commune origine.

Ce sont de grands vases pansus, à l'épaule tombante, à base ètroite, avec ou sans pied apparent, comme dans la catégorie dont nous venons de parler. L'anse est plate, à profil ellipsoïdal. L'embouchure a un rebord rond, de même forme, mais un peu plus accentué que précédemment. Le col présente parfois un renfle­ment caractéristique. L'argile est finement micacée, rougeâtre à la surface qui paraît revêtue d'une mince couverte et reste souvent grise dans l'intérieur. Dans cette catégorie, la forme peut se modifier en partie, le col peut être plus ou moins renflé, mais l'argile, la technique et le système du décor restent invariables. De plus, on y constate l'emploi à peu près constant de marques peintes avant la cuisson.

Le système de décor est le même que précédemment : une bande peinte descend de l'anse vers la panse où elle rencontre les bandes circulaires qui marquent la limite de l'épaule; elle s'arrête à la bande inférieure, située sur la panse. L'embouchure et la base du col sont soulignées par une bande peinte. L'épaule a le même décor en forme de grand S couché.

Toutes les bandes ont la même largeur sur le même vase. Mais cette largeur varie d'un vase à l'autre, ce qui peut être le signe d'ateliers différents. Sur certaines amphores, elle atteint quatre centimètres, tandis que sur d'autres, elle est réduite à un mince filet. Il en résulte trois types de décor:

 

1.      Décor à mince filet (1 mm.): Types A1 et A2, cf. p suiv.

2.       Décor à bandes moyennes (un centimètre) : Type B.

3.      Décor à bandes larges (deux à quatre centimètres) : Type B.

 

Dans le cas où la bande est large, on a l'impression que le décorateur pensait à un ruban; ceci est sensible dans les figures 81 et 8.

Les bandes et les filets peuvent être doubles. Un exemplaire porte un filet noir allié à un filet rouge. Un autre montre de filet incisés au lieu d'être peints.

Le décor en S ne se rencontre jusqu'à présent que sur les amphores dont le décor est à larges bandes et dont, l'épaule limitée par une seule bande. Celles qui offrent un groupe de deux et trois bandes circulaires ont généralement libre le champ de l'épaule.

Dans ce système de décor, le col nu n'a plus même les deux cercles latéraux des amphores à engobe blanc. En revanche, il porte une petite marque peinte en noir mat avant la cuisson (voir fig. 71). De plus on s'aperçoit, en regardant de près cette partie des vases, qu'un décor variable y est souvent posé: ce sont des ornements en rouge mat, peints après la cuisson, et presque complètement disparus (voir fig. 73, 76 et p. 115).

La matière employée pour le décor est un rouge assez vif, mat. Par end roits, il devient noir ; il semble, au contraire de ce qui se passe habituellement, qu'ici le rouge tourne au noir dans certains cas. L'emploi d'un noir également mat est réservé aux marques. On ne le trouve que très rarement employé pour les bandes à la place du rouge.

Les cols et fragments de cols que nous possédons sont assez nombreux et caractéristiques pour que l'on ait pu d'après eux distinguer trois types d'amphores. Ils ont été reconstitués au trait, d'après les indications que donnent les anses et leur attache sur l'épaule.

 

Type A1

 

Nous ne possédons jusqu'à présent qu'un seul exemplaire de cette forme (p. 127, n° 1 et fig. 72). Mais elle tient de si près à la suivante ( fig. 73) dont elle paraît être le prototype, que le fait d'être un unicum à Histria jusqu'à présent me paraît être abso­lument fortuit. Il est impossible qu'on n'en ait pas trouvé ou qu'on n'en trouve encore soit à Milet, soit dans les colonies de Milet. Le fragment n° 1 indique une chute d'épaule analogue à celle d'une grande amphore de Théra ( fig. 90 c) [14] ce qui permet de reconstituer sa forme générale. Le col est très long et d'un galbe particulier. Le col des grandes amphores à couverte blanche s'incurvait. Celui-ci est renflé et paraît le chef de file d'une série d'amphores ( fig. 75) [15] dont la fabrication semble se prolonger pendant le Ve siècle.

L'argile est rosée, plus rouge à la surface, avec quelques traînées grises, bien cuite. Le col a le même rebord arrondi que dans la série à couverte et n'a pour ornement que la peinture du rebord et une marque posée sur chaque face et au milieu du col.

Le décor obéit au même principe que celui des amphores à couverte: bande sur l'anse descendant et retrouvant les bandes circulaires de l'épaule et celle de la panse. Ce fragment utilise le système de décor à filets et emploie une couleur brun mat, parfois rougeâtre. D'après la longueur du col et la forme générale, le vase devait avoir approximativement de 0m 80 à 0m 90 de hauteur.

 

            Type A 2

 

Ce type n'est guère qu'une variante du premier; parce que plus courant, il paraît être le type normal.

A 1 ne diffère de A 2 que par la longueur du col. Les autres caractéristiques sont identiques : même renflement du col, même bord rond à l'embouchure, même anse à coupe ellipsoidale, même chute rapide de l'épaule, même type de décor employant le rouge brun mat, même préférence pour les raies fines qui sont la règle dans les deux cas. On en a trouvé de nombreux fragments qui, d'après les circonstances de la fouille, montrent que la vogue de ces amphores à Histria correspond aux premières années du VIe siècle.

Comme le vase du type A 1, elles portent des signes que l'on peut généralement interpréter comme des marques de fabrique (voir p. 212). Ces marques sont peintes, en un noir épais et mat, et posées avant la cuisson. On en distingue plusieurs dans cette catégorie: marque au cercle, aux deux cercles, aux trois cercles, avec ou sans point central (voir chap. VII, fig. 178 à 181).

            Ainsi que nous l'avons déjà dit pour le type A 1, le lieu de fabrication de ces vases est sans doute Milet et il est probable qu'on doit les rencontrer en bien des points du monde antique. C'est ainsi que j'ai trouvé au Céramique d'Athènes un fragment d'embouchure appartenant à une amphore identique à celles du type A 2 (même argile, même forme, même décor) [16] . Á Histria, la valeur d'offrande de ces vases est affirmée par le caractère dont nous avons déjà parlé et sur lequel nous reviendrons plus loin, c'est-à-dire la présence d'un signe ou ornement de fantaisie qui s'ajoute à la marque habituelle. Des restes de ces signes, devenus à peu près indiscernables se rencontrent sur presque tous les fragments trouvés, ce qui prouve une habitude constante.

 

 

Autres formes

 

Certaines embouchures d'amphores montrent, - quoique très dégénéré, - la persistance du type à col renflé ( fig. 75 et 195) Les amphores de ce type paraissent plus tardives, sans dépasser de beaucoup le milieu du Ve siècle. Leur technique est inférieure à celle des précédentes, mais l'argile est la même. On n'a trouvé de ce groupe que les quelques fragments d'embouchure que nous signalons ici.

 

 

 

 

Type B

 

            Le second type est d'une forme beaucoup plus courante. Il diffère des précédents par l'argile qui est rouge à noyau gris bleu, et par la forme qui comporte un col plus court et sans renflement, un rebord parfois rond, mais plus volumineux que précédemment ( fig. 77), parfois plat et débordant ( fig. 78), une ligne d'épaule plus proche de l'horizontale, donc des anses plus courtes. L'ensemble dénote une forme plus trapue. Comme telle, elle se rapproche de certains types trouvés à Samos [17] et à Théra, et en général de celle des amphores ioniennes de dimensions moyennes. Mais quelles que soient les particularités de la forme, le décor obéit au même prin­cipe que précédemment. La seule nouveauté consiste dans l'emploi de la bande large et d'un décor sur l'épaule, S ou enroulement.

De même que sur les amphores du type A 2, on trouve souvent sur le col des marques peintes d'un caractère particulier. Les deux cols les plus complets nous ont donné deux ornements, l'un en forme de croix ( fig. 76), rapidement tracé, peint avant la cuisson, - ce qui est rare, l'autre ( fig. 78 et 79) un décor de trois feuilles renversées. Sur presque tous les autres fragments on distingue encore des traces de peinture rouge posée après la cuisson.

 

III. - Nature des signes particuliers à ces amphores

 

Tout d'abord ils ne sont pas des marques de fabrique (cf. p. 211), puisqu'ils s'ajoutent à celles que l'on doit bien souvent interpréter comme telles ; ils ont donc un autre but. D'autre part, ils ont un caractère hâtif, soit par le fait qu'ils sont peints après la cuisson, soit parce que leur exécution est rapide et souvent négligée. Leur caractère surajouté est sensible même dans la décoration la mieux exécutée, celle de la figure aux trois feuilles renversées [18] . Pour rendre le décor. plus visible, on a cerné les contours et répandu sur la surface une sorte d'enduit qui ressemble à un lait de chaux et que l'on du nom d'engobe. Ces constatations nous conduisent à l'explication qui semble la plus probable. On se souvient de l'interprétation que Cecil H.Smith a donné de certaines inscriptions des vases de Naucratis: «…many of these inscriptions, it will be noticed, are not dedicatory, but merely mark possesion«

Cette marque de possession peut être celle que lui ont ajouté les desservants du temple lors de l’ enfouissement des objets trop anciens. Elle peut aussi être placée sur l’ objet par le dédicant lui-même pour rappeler éternellement au dieu son mon. Dans l’ offrande de la statuette, l’ efficacité du don s’augmente de la valeur de substitution de l’ image qui tient lieu du donateur auprés du dieu. Mais à Histria, au contraire de ce qui se passe à Lindos par example, les statuettes d’offrandes sont très rares à l’époque arhaique. On n’apporte guére au dieu que des vases. Or, comment augmenter cette efficace magique, comment, dans cette multitude d’offrandes se distinguer auprés du dieu, sinon par l’individualisation que conférait au vase une marque personnele, voulue et choisie par le dédicant ?

Le pouvoir attribué à ce signe paraît prouvé par le fait que les amphores montrant les traces de cet ornement singulier ne portent pas de nom ou le début « d’ un nom – et vice versa ; sorte que les deux manierés ont une valeur identique aux yeux du dédicant. La rareté  des statuettes, d’ une part, l’abondance et l’absence d’ornement des grandes amphoes d'autre part, avaient pu developper cette petite industrie d'ornemanistes d'un genre inattendu qui devaient effectuer ce travail à Histria même, au goût du client.

Ce que le viens de dire n'a qu'une valeur toujours contestable d'hypothèse. Mais j'espère au moins qu'on reconnaîtra généralement l'intention de parure sensible dans ces ornements. Le vase leur devait un air de fête conforme à son ca­ractère d'offrande, qui abolissait son aspect de fabrication en série et l'idée de ses pos­sibles emplois funéraires. La parure des grandes amphores pour les cérémonies est d'ailleurs une habitude dans l'antiquité. Leur aspect un peu nu se prêtait à l'utilisation des guirlandes de fleurs ou de feuillages. C'étaient des lotus en Égypte, en Grèce du lierre pour Dionysos, ou toute autre sorte de feuillage approprié au dieu ou à la circonstance dont il s'agissait. Le caractère provisoire de ces apprêts a pu inciter à essayer d'autres systèmes de décor plus durables tout en restant aussi occasionnels.

 

IV. - Coup d'œil sur l'ensemble de la fabrication

 

Avant de clore l'étude des grandes amphores, il est nécéssaire de jeter un coup d'oeil d'ensemble sur leur fabrication.

On a constaté l'existence de cette catégorie de vases à Naucratis, à Théra, à Cœré. Le fragment trouvé à Athènes permet de soupçonner leur existence en Attique. Mais, après Histria, ce sont les trouvailles de Théra qui nous donnent les meilleurs éléments d'information.

Les trois exemplaires de Théra, groupés et étudiés par Dragendorff [19] , correspondent de près aux types d'Histria. Ils ont en commun le rebord très bombé (siarke wulslige Lippe) et l'attache supérieure de l'anse y attenant, forme que Dragendorff trouve avec raison très caractéristique. Il est sans importance que le rebord de Théra 425 a ( fig. 90 a) soit un peu plus évasé que celui de notre forme type, car à Histria, dans cette catégorie, le rebord s'évase parfois de la même manière. On y trouve le vase à panse ovoïde, très haut (0m 87), très étroit du bas ( fig. 72 et 90 c= Thera 425 c), qui cor­respond à notre forme A 1. On y trouve également ( fig. 74 et 90 b = Thera 425 b) l'amphore un peu plus courte (0m 61), à l'épaule moins tombante, qui correspond à notre type A 2 ( fig. 74), et enfin la forme décidément trapue ( fig. 77 et 90 a = Thera 425 a), à anses courtes, qui est celle de notre forme B.

À l'analogie des formes s'ajoute l'identité de la technique et du décor: argile gris brun qui est celle de beaucoup de nos fragments d' Histria - elle est de même nature que l'argile rose à traînées grises que l'on rencontre dans ce même groupe, et son aspect semble dû à une cuisson plus intense -, surface soigneusement polie, quand il n'y a pas d'engobe, emploi pour le décor d'un vernis rougeâtre, mat (caractéristique à Histria des types A 1 et A 2). Enfin le principe du décor est identique: bande sur l'anse qui descend et coupe les bandes circulaires de l'épaule et de la panse. Toutes ces ressemblances prouvent que ces amphores appartien­nent à la même grande famille. Il y a cependant des particularités qui les séparent en groupes: aucune des amphores de Théra ne montre le col galbé, particulier à nos types A 1 et A 2 et qui est aussi celui du fragment d'Athènes.

Le col incurvé de Théra 425 c ( fig. 90 c) se retrouve chez nos amphores à couverte blanche ( fig. 63). Or, comme celle de Théra est aussi recouverte d'un engobe blanc rosé, épais et brillant, on peut en conclure que la forme Théra 425 c provenait du même groupe d'ateliers et que ces ateliers fabriquaient deux formes, l'une ovoïde et longue, l'autre beaucoup plus pansue, correspondant à une utilisation différente.

La forme Théra 425 b ( fig. 90 b) qui n'a pas d'engobe est dans l'ensemble identique à notre type A 2. Elle en diffère par l'incurvation du col. Cette dissemblance unique, opposée à tant de ressemblances, permet de croire ici aussi que la forme à col renflé (Histria-Athènes) et la forme à col incurvé (Théra) peuvent sortir des mêmes ateliers. Le type Théra 425 b offre de plus l'avantage de nous montrer, par sa forme très proche de certaines grandes amphores d' Ialysos [20] , le lien qui existe entre ces vases et la fa­brication purement rhodienne.

La forme Théra 425 a est analogue à notre type B, et, comme elle, s'apparente à certaines amphores de Samos [21] , et en général, comme l'a montré Dragendorff, à la nombreuse catégorie des amphores ioniennes à décor, lien d'autant plus aisé à établir que, si nous nous en tenons aux seuls exemplaires d'Histria, la forme de l'embouchure peut varier d'une manière appréciable et ainsi nous amener par transitions insensibles à la forme à rebord légèrement évasé qui sera la règle un peu plus tard.

Insistons enfin sur un caractère commun à toute cette fabrication, l'existence des marques sur le col (Histria) ou l'épaule (Naucratis, Théra, Tanis). L'amphore de Tanis, déjà citée, porte deux triangles entrecroisés à la base du col. Une amphore du même type porte un bizarre ornement sur la partie inférieure de l'épaule. Dragendorff a noté sur les amphores de Théra e des signatures, des lettres, des signes incisés dont le sens nous échappe » [22] . L'amphore 425 b porte sur la panse un de ces signes.

De tous ces caractères il résulte que ces amphores, dont les liens sont si évidents, appartiennent à une même famille et proviennent d'une même région. Dragendorff avait remarqué que l'argile de ces amphores n'est pas celle de Théra et il opinait pour une origine grecque orientale, plaçant la fabrication au début du VIt' siècle [23] .

Les trouvailles d'Histria nous permettent de souscrire à ces conclusions: elles autorisent de plus à faire remonter à la fin du VIIe siècle la présence de ces vases à Histria. En réunissant les données recueillies dans nos fouilles et ailleurs, on peut diviser cette fabrication en deux groupes: l'un, plus proprement milésien, auquel appartiennent nos amphores, celles de Théra et de Naucratis; le second, vraisemblablement rhodien, auquel appartien nent les amphores trouvées à Rhodes. Il semble logique d'ajouter que le type à col galbé, si nombreux à Histria, a bien des chances d'être le plus milésien de tous.

Un fragment ( fig. 91) appartenant à une fabrique indéterminée a été placé à la fin de la description. Il a été trouvé avec les grandes amphores. L'argile est de même matière, mais plus sèche; le décor en rouge mat, de même teinte. Mais la dureté de la pâte et l'aspect du décor me font douter de sa date. Le décor rappelle un peu celui des vases dits «campaniens» et la surface est sèche comme à cette époque.

 

 

DESCRIPTION

 

I.                    - Amphores recouvertes d'un engobe blanc

 

1. - (B 684). Fragment d'épaule et de panse d'amphore ( Fig. 62 et pl. 1).

Argile rosée, légèrement micacée, avec de petits corps étrangers; quelques traînées grises. Très soigneusement faite au tour.

Extérieur recouvert d'un épais engobe blanc, appliqué au pinceau (marques visibles sur la photographie). Décor en noir (?) tourné complètement au rouge clair, appliqué sur l'engobe.

Épaisseur: 0m 08.

Trouvé en C.

 

2.-(B 2293). Amphore ( Fig. 63 et 64).

Grand fragment de la partie supérieure d'une amphore. Argile rougeâtre montrant des parties grises et de petits corps étrangers gris bleus, parsemée de mica jaune. La surface, actuellement très endommagée, était recouverte d'un épais engobe blanc et lustré. Décor en noir lustré - sans excès - tournant au brun et au rouge vif. Col étroit et incurvé, rebord rond, anse longue et de coupe ellipsoïdale.

Col: bande circulaire sur le rebord et à la partie inférieure; un cercle entourant chaque anse; le reste sans décor.

Sur l'épaule grand motif en forme d'S avec traits parallèles à l'intérieur des courbes, un cercle à l'attache de l'anse. Trois bandes circulaires. Sur l'anse large bande circulaire qui descend vers la panse.

Diam. du col: 0m  12. Hauteur du col: 0m 12.

Diamètre approxi­matif à la base de l'épaule: 0m 40.

Trouvé en B.

 

3. - (B 1828 b). Idem ( Fig. 65 et 66).

Même argile. Surface recouverte d'un épais engobe blanc (légèrement bleuté). Bandes en noir peu lustré.

Même décor que précédemment. La figure 66 montre en détail l'ornementation de l'anse.

Diamètre probable de l'embouchure: 0m 13.

Hauteur du col: 0m 13 .

Trouvé en B.

 

4. - (B 1830). Anse et épaule d'amphore ( Fig. 67).

Même argile. Surface recouverte d'un engobe blanc (actuellement grisâtre et très endommagé). Bandes en noir presque mat, tourné en partie au rouge.

On voit l'attache inférieure de l'anse ornée d'un cercle et les trois bandes circulaires marquant l'attache de l'épaule. Largeur de l'anse: 0m 045.

Trouvé en B.

 

5. - (B 1129). Fragments d'amphore ( Fig. 68 a).

Argile gris violacé (couleur qui paraît due à un degré élevé de cuisson), très dure, très cuite. Surface revêtue d'un engobe blanc ivoire, épais, micacé. Décor en noir et en rouge mat (le rouge ne paraît pas être la transformation du noir). On voit une partie de l'enroulement de l'épaule et les trois cercles qui prennent à la partie supérieure de la panse.

Aspect polychrome qui paraît voulu: sur l'engobe blanc, bande courbe en noir mat, bandes circulaires en rouge mat. Dimension maxima: 0m 14.

Trouvé en C.

 

6. - (B 1125). Idem ( Fig. 68 b).

Argile plus rouge que précédemment. L'engobe de même teinte. Décor en noir plus lustré Enroulement, probablement en forme d' S, et bande circulaire.

Hauteur du fragment: 0m 09. Trouvé en C.

 

7. - (B 1130). Idem ( Fig. 68 c).

Argile gris violacé. Engobe blanc, épais, étalé verticalement, à larges coups de pinceau. Décor en brun peu lustré. Fragment d'en­roulement comme dans la figure 63. L'épaule paraît comporter deux enroulements.

Hauteur du fragment: 0m 135. Trouvé en B.

 

8. -(B 1150). Idem ( Fig. 68 d).

Argile gris brun, très cuite. Épais engobe blanc ivoire (coups de pinceau verticaux . Décor en noir peu lustré (teinte marron). Le motif représente l'endroit où la bande de l'épaule rejoint la bande circulaire qui se trouve environ aux deux tiers de la panse. Hauteur de la bande verticale: 0m 06.

Trouvé en C.

 

9. -(B 1199). Idem ( Fig. 69 a et b).

Même argile; même technique, même engobe. En a, la bande de l'anse rencontre la bande unique de l'épaule. En b, bande courbe de l'épaule près de l'anse.

Largeur des bandes en a: 0m 02. . Trouvé en B.

 

VARIANTE

Nous plaçons ici un fragment de col de forme plus allongée, mais toujours comportant le même rebord rond (un fragment retrouvé au moment de mettre sous presse, confirme l'exactitude de la restitution). La forme est jusqu'à présent unique, mais a tous les caractères techniques du groupe précédent, duquel il faut la rapprocher. Le décor en arêtes sur l'épaule est particulier. Ce caractère, ainsi que les dimensions du col font présumer qu'il faudra bientôt ajouter un nouveau groupe au premier, lorsqu'on aura assez d'éléments pour reconstituer la forme et le décor entier de ces nouvelles amphores.

 

10. -(Ancien fonds). Col d'amphore ( Fig. 70).

Argile micacée, rougeâtre, ton brique, grise par places, avec de nombreuses traînées grises et des corps étrangers. La surface est recouverte d'un épais engobe d'un blanc crémeux. Décor en rouge malt, brun par places.

Col: longues arêtes légèrement courbes, partant de l'embouchure.

Bande circulaire à la base.

Diamètre intérieur: 0m 10. Épaisseur: 0m 01 à 0m 015.

 

 

II. - Amphores sans engobe

 

Type A1.

 

1. - (B 1826). Amphore, fragment et reconstitution ( Fig. 71 et 72).

Argile rouge rosé, bien cuite, finement micacée. Quelques traînées grises. Mince couverte. Surface rose brun clair. Décor en rouge brun mat.

Embouchure: le bord orné d'une bande rouge.

Col: de chaque côté, marque en noir mat: double cercle et point central; une croix incisée.

Anse: large ruban vertical en rouge mat sur le dessus. Hauteur du col: 0m 17.

Diamètre intérieur: 0m 095.

Diamètre supérieur: 0m 15.

Épaisseur: 0m 1 005 à 0m 01.

Trouvé en B.

À remarquer que le rouge devient moins foncé dans les parties les plus épaisses.

 

Type A2

 

2. - (B 1192). Amphore, fragment et reconstitution ( Fig. 73 et 74).

Argile rougeâtre, parsemée de particules étrangères, dure et bien cuite. Quelques traînées grises. Surface rosée, sans engobe. Décor en rouge brun.

Col: de chaque côté, cercle en retouche noire mate. Sur le bord bande en rouge brun.

Sur la face antérieure, grande marque en peinture rouge ajoutée après cuisson (on voit sur la cassure une partie du cercle noir de la marque - de fabrique?). L'amphore entière avait probablement pour ornement des traits très fins, semblables à ceux de l'anse.

Hauteur du col: 0m 11.

Diamètre de l'embouchure: 0m 125.

Trouvé en B.

 

 

 

3. -Cols d'amphores ( Fig. 75).

L'argile de ces fragments est en général rosée à traînées grises, rarement à noyau gris bleu. La surface n'a pas le poli et le fini les amphores précédentes. Elles paraissent de fabrication plus ;ommune et n'ont pas de décor sur l'anse ni sur le rebord du rol. La rareté des fragments trouvés jusqu'à présent ne permet Sas d'autres indications quant à la forme. Mais comme elles por;ent parfois la même marque que les grandes amphores sans engobe (cf. p. chap. VII, n° 11, fig. 178), on doit les considérer tomme contemporaines (Vle siècle). On trouve à Naucratis une imphore avec embouchure semblable, datée du Ve siècle (Naucratis, 1, pl. XVI, fig. 7).

Trouvés en B.

 

Type B

 

4. - (B 1865). Fragment de col d'amphore avec marque et reconstitution ( Fig. 76 et 77).

Argile bien cuite, grise dans l'intérieur, rouge à la surface extérieure et intérieure. Le rebord de l'embouchure un peu plus large et plus aplati que dans les types A et B. Le col droit. Décor en rouge assez vif.

Embouchure ornée d'une bande rouge brun. Sur le devant du col marque rouge en forme de croix, qui paraît cuite avec le vase. Large bande sur le plat supérieur de l'anse.

Diamètre de l'embouchure: 0m 15.

Diamètre inférieur du col: 0m 09.

Trouvé en B.

 

5. - (B 1898 bis). Idem ( Fig. 78 et 79).

Argile rose, micacée. Quelques traînées grises. Extérieur soi­gneusement poli. Surface rouge rosé, endommagée, recouverte d'une mince couche blanchâtre qui pourrait être une concrétion calcaire ou les restes d'un lait de chaux appliqué après la cuisson. Décor en rouge mat devenant brun par places.

Embouchure: large bande rouge sur le rebord. Sur la face antérieure du col motif en rouge brun: trois feuilles (?) réunies à la partie supérieure. Le motif passe du rouge au noir vers la partie supérieure. Traces de rouge de retouche d'une teinte différente sur la partie large des feuilles. Le motif se répétait probablement de l'autre côté du vase.

Ces trois feuilles rappellent celles que l'on trouve à l'intérieur des lotus renversés sur l'épaule de certaines œnochoés e rhodiennes » et à propos desquelles Kinch a déjà montré qu'elles n'ont rien à voir avec le lotus (Vroulia, p. 201, fig. 82). Je crois aussi qu'elles constituent un motif indépendant. Allusion de Kinch (ibidem) à ces « trois mêmes feuilles que l'on trouve quelquefois dans l'art minoen généralement suspendues, et parfois combinées avec des éléments qui ont fait dire à Mr. Bosanquet que cet ornement dérive peut-être d'un collier».

Hauteur maxima: 0m 11.

Hauteur du rebord: 0m 15.

Diamètre intérieur: 0m 12.

Trouvé en B.

 

6. - (B 2101). Fragment d'épaule d'anaphore ( Fig. 80 a). Argile rougeâtre, micacée; nombreuses traînées grises. Surface d'un rouge rosé, qui paraît revêtue d'une mince couverte de terre plus fine. Décor en rouge mat: bande légèrement courbe: commen­cement d'un S couché (?).

Épaisseur: 0m 009.

Trouvé en B.

 

7. - (B 2102). Idem ( Fig. 80 b).

Même argile, même technique, même surface. Décor en rouge légèrement lustré: bande verticale partant de l'anse et courbe d'un grand S couché.

Épaisseur: 0m 008.

Trouvé en B.

 

8. -(B 1615). Idem ( Fig. 81).

Argile rouge brique, grise à l'intérieur, micacée, dure, très cuite. Une couverte jaune orangé sur la surface extérieure. Décor en rouge mat.

Décor: bande inférieure de la panse au-dessus de laquelle vient pendre l'extrémité de la bande de l'anse (divisée en deux pointes comme un ruban).

Largeur de la bande inférieure: 0m 03.

Trouvé en B.

 

9.-(B 1616). Idem ( Fig. 82).

Argile rose violacé; traînées grises. Couverte plus claire sur la surface extérieure. Décor en rouge mat.

Bande de l'anse et bande circulaire du bas de la panse. Largeur de la bande verticale: 0m 28.

Trouvé en B.

 

10. - (B. 1661, 1665, 1668). Fragments à raies fines ( Fig. 83 et 84).

Argile gris rosé, micacée. La surface revêtue d'une couverte d'argile plus fine et un peu plus claire (jaune rosé). Décor en noir (ton brun) et en rouge mat.

Les filets circulaires du fragment b de la figure 83 sont respectivement noir et rouge.

Dans le décor du fragment a ( fig. 83) la volute de l'épaule s'est géométrisée. Ce motif, d'ailleurs très finement exécuté, est unique jusqu'à présent. En général l'épaule des amphores de ce type de décor parait nue.

Épaisseur: 0m 011 - 0m 013.

Trouvé en B.

 

11. -(B 2100, 2103, 2104). Anses d'amphore ( Fig. 85).

On a groupé ici des vases appartenant à chaque type de dé­cor. L'argile est micacée, rouge brique à la surface, gris bleu à l'intérieur. Le décor est en rouge mat.

En a, la bande couvre toute la face supérieure de l'anse; en c, elle se réduit à un mince filet.

Largeur de la bande en a : 0m 250. Trouvé en C.

12. -(Idem). Idem ( Fig. 86).

Représentation schématique du décor de l'anse dans les séries précédentes:

a: anse représentée fig. 85 c. b: anse représentée fig. 85 b. c: anse représentée fig. 85 a. d: anse, catégorie à engobe blanc, d'après fig. 66 et 67.

 

13. - (B 4003). Bases d'amphores ( Fig. 87 et 88).

Le numéro d'inventaire est celui du groupe.

Groupe montrant la diversité de ces bases. Les exemplaires de la figure 87 a et b, et de la figure 88 c ont une forme semblable, mais diffèrent par la profondeur du creux. Ils paraissent les plus anciens.

L'exemplaire b de la figure 88 a une base ombiliquée. C'est le seul absolument pointu, le seul aussi qui ait une bande circulaire (rouge mat) si près de la base.

Avec d, e, g, nous avons des pieds petits et annulaires, analogues à celui de l'amphore 425 a de Théra ( fig. 90 a).

Trouvé en B et en C.

 

14. -(B 4004). Idem ( Fig. 89).

Le numéro d'inventaire est celui du groupe.

Profils de bases d'amphores. On voit que ces profils vont de la base pleine et plate (nos 5, 6, 8) au pied à peine indiqué extérieurement, mais très creusé (nos 1 et 2).

 

Le pied n° 7 est déjà d'une forme classique: c'est celui des amphores du type B, qui paraissent en général un peu plus petites que celles du type A, quoiqu'encore de taille fort respectable. Lé diamètre du n° 7 est d'environ 0m 18, à parois très épaises.

 

 

AMPHORES DE THÉRA ( Fig. 90)

 

Ce dessin schématique réunit les trois types d'amphores qui nous ont servi de points de comparaison. Elles sont empruntées à Thera, 11, p. 228, fig. 425 a, b, c.

Hauteur de b 0m 61; hauteur de c: 0m 87.

 

 

FABRIQUE INDETERMINEE

 

15.-(B 1662). Fragment de grande amphore ( Fig. 91). Argile rouge rosé à trainées grises, légèrement micacée. Surface extérieure revêtue d'une mince couverte rose orangé. Stries du tour très apparentes. Décor en rouge mat d'un ton uni.

La technique, - malgré la sécheresse de la pâte, - est purement archaïque. Mais les techniques se conservent longtemps en Grèce d'Asie. Alors, archaïque ou hellénistique?

Hauteur du fragment: 0m 07.

Trouvé en B.

Le fragment est figuré probablement à l'envers.

 

 

B. - AMPHORES ET VASES DE TECHNIQUE À LA BROSSE

 

On a trouvé à Histria de nombreux fragments d'une technique particulière que nous appelons provisoirement technique à la brosse, faute de pouvoir lui donner un nom d'origine. Quelques-uns d'entre eux ont pu être réunis et ont donné la partie supérieure d'une amphore que l'on a reconstituée entièrement ( fig. 94).

C'est un vase à col court, à rebord accentué, à panse large, à anses courtes et rondes. L'argile est rosée, fine, micacée, avec des parties grisâtres, la surface polie. Le décor est exécuté avec un vernis noir lustré, qui devient rouge brun quand il est en couche mince. Sur le champ libre du col on a placé un décor de cercles concentriques et de zigzags verticaux alternant. L'épaule et la panse sort recouvertes du même vernis, mais réparti inégalement de manière à créer un décor particulier. On voit que le potier a appliqué le noir avec un pinceau large ou une brosse pendant que le vase tournait, créant des bandes circulaires qui sont en même temps de larges spirales. En appuyant légèrement la brosse ou le pinceau on obtient une bande, en appuyant davantage, on écarte les poils de la brosse et on obtient (les lignes paralèlles parfois très fines et très régulières. Il en résulte un décor à la fois homogène et d'aspect très variable sur le même vase.

On distingue sur notre fig. 92 le coup de pinceau qui entoure l'anse.

Telle qu'elle se présente ainsi reconstituée, l'amphore n'est pas isolée. Nous connaissons déjà cette forme trapue, ce décor d'ornements géométriques sur le fond clair du col tandis que le reste du vase est d'un ton noir brun. On a trouvé des amphores analogues en beaucoup de lieux du monde antique. Mais sur celle d'Histria, le décor de l'épaule et de la panse apporte un élément nouveau qu'il nous faut étudier de près.

 

1 TECHNIQUE Á LA BROSSE

 

 

Il serait plus exact de dire au pinceau-brosse, car l'instrument tenait plutôt du premier que de la seconde.

L'exécution de ce décor utilise et combine deux procédés connus:

1.      Selon la manière dont on appuie la brosse ou le pinceau large on peut obtenir à volonté soit une bande d'un noir dense, soit de minces filets parallèles formant des zones plus claires.

2.      En alternant on modifie aussi la couleur, le noir passant au rouge brun ou au jaune dans les filets minces.

La combinaison de ces deux éléments, dessin et couleur, produit un curieux contraste d'ordre et de diversité. On a l'impression que les lignes sont parallèles alors que leur écartement varie constam ment, que leur aspect se modifie insensiblement. L'effet produit rappelle parfois les veines du bois, parfois aussi celles de certains marbres. L'ensemble du décor recouvre souvent tout le vase d'un réseau de bandes et de fins cercles bruns, - parfois aussi laisse les bandes claires du fond d'argile. Mêmes les bandes les plus épaisses sont striées de filets plus clairs et n'offrent jamais une teinte homogène.

Les nombreux fragments trouvés à Histria ont montré l'emploi de teintes variées et l'usage d'engobes ou de couvertes s'ajoute encore à cette diversité. Le décor le plus courant est un brun noir tournant au rouge sur la couverte rose du vase. On trouve aussi un rouge assez vif et un jaune brun très clair sur la même couverte rosée. Un fragment, recouvert d'un engobe blanc, est orné de fines stries rouges. En se bornant au seul emploi du brun, le procédé produisait déjà des teintes multiples. Pour peu que l'on employât d'autres couleurs, le potier pouvait varier ses effets à l'infini.

La quantité des fragments de cette technique, leur diversité d'aspects, l'excellence de leur technique donnent à réfléchir. Comment expliquer leur richesse à Histria, sinon par une origine grecque orientale? L'hypothèse s'appuie sur l'existence d'une technique semblable en Lydie.

On a découvert à Sardes des vases d'une technique curieuse que Hogarth décrit ainsi: «The wash was applied with a wet brunh in loose spirals either to form bands or to cover the whole surface of the vessel or to produce one effett like marbling.. . This ware is of very Ionian appearence, but unquestionably native (Lydian) fabric » [24] . Il est aisé de reconnaître dans cette description les points caractéristiques de la technique de ces vases. Deux cratères lydiens qui sont au Musée de Constantinople [25] montrent que le procédé de décoration est bien semblable au nôtre. Les deux vases lydiens ont perdu leur lustre et leur aspect est moins soigné que celui de nos vases. Mais c'est peut-être un hasard, car la technique lydienne est en général excellente.

 

2 - UTILISATION GRECQUE DE CETTE TECHNIQUE

 

            Voici donc à portée de Milet et des autres villes grecques une technique curieusement décorative, qui avait de plus l'avantage d'orner le vase sans former un enduit trop opaque, chose excellente pour le vin. Est-ce vraiment un hasard si nous retrouvons cette technique sur de nombreux vases qui ne sont pas seulement des amphores, mais de petits récipients, coupes ou skyphoi [26] D'ailleurs ce n'est pas la seule influence lydienne que dénote la poterie de l'Ionie [27] Nous connaissons cette forme de pied qui s'évase en une sorte de cône tronqué; elle est aussi spécifique­ment lydienne. Quoi qu'il en soit, les potiers ioniens se sont emparé , du procédé lydien. Ils l'ont si bien passé dans leurs habitudes qu'on le trouve - toujours à Histria - couramment employé à l'époque hellénistique (coupes à centre creux, tuiles de faîtage).

L'emploi de cette technique sur notre vase qui, par ailleurs, comme je l'ai déjà dit, entre dans un groupe connu, remet en question l'origine du groupe.

 

 

3 - CARACTÈRES DE CE GROUPE. SES POSSIBLES ORIGINES

 

Cette série d'amphores a déjà été étudiée par Wide [28] et surtout par Dragendorff [29] et par Prinz [30] . Elles ont été trouvées sur une aire assez vaste comprenant: Naucratis, Daphné, Syracuse, Cumes, Cxré, Théra, Trézène. Leur existence est attestée en Attique par les trouvailles de l'Acropole et par la représentation d'une de ces amphores sur le vase François. À cette liste qui paraît loin d'être close, on doit ajouter les vases trouvés depuis au Phalère [31] , à Éleusis [32] , à Rhodes [33] et en dernier lieu à Histria.

La présence d'une de ces amphores sur l'épaule de Dionysos dans la procession divine du vase François indique leur destination de vases à vin, et leur date: première moitié du VIe siècle. Elles paraissent plus anciennes à Histria (début du siècle).

Reste la question de leur origine, et ici les difficultés commencent. Dragendorff a pensé que ces vases n'étaient pas attiques, l'argile et le vernis étant différents de ceux du Dipylon. Mais il est tenté de leur attribuer une origine chalcidienne en raison du caractère de certaines de leur inscriptions et de leur présence ancienne en Italie. Prinz, se basant sur les trouvailles de l'Acropole, du Phalère, et sur la représentation du vase François, les croit originaires de l'Attique.

Si l'on prend les fragments d'Histria comme point de comparaison, la question paraît se poser autrement. Tout d'abord, il faut remarquer que si tous les vases groupés précédemment ont en commun la forme générale et la décoration géométrique du col, ils diffèrent entre eux par la forme du rebord de l'embouchure qui parfois est ronde comme dans notre type A ( fig. 72), parfois haute et évasée, comme dans l'amphore reconstituée ici. D'autre part, les différences de technique sont elles aussi notables. Si les exemplaires d'Histria révèlent une technique soignée, il n'en est pas de même de ceux d'Athènes, d'Éleusis ou du Louvre.

Sur ces derniers, le vernis est de mauvaise qualité, mal posé en couches inégales; l'exécution est rapide et sommaire et parfois le noir manque tout à fait comme si le pinceau était à sec. C'est pourquoi dans la description d'un de ces vases Edmond Pottier emploie l'expression «barbouillé de noir», qui indique bien leur aspect peu satisfaisant, dû à un décor mal exécuté, qui ne rappelle que de loin la technique à la brosse.

Ils diffèrent notablement aussi par l'argile [34] .

La terre des fragments d'Histria est celle des vases «rhodiens»: micacée, rose à traînées grises, bien travaillée, sur laquelle l'engobe épais, ou la couverte légère prennent également bien. Il n'en est pas de même ailleurs. Dragendorff signale une argile rouge [35] , E. Pottier [36] une argile jaune. Autant que j'ai pu en juger, la terre des exemplaires d'Athènes et d'Éleusis m'a semblé de qualité médiocre. Ces différences ne peuvent s'expliquer que par l'existence de plusieurs fabriques dont une au moins semble être attique: vases déjà cités du Phalère, d'Éleusis, amphores panathénaïques du type de l'amphore d'Oxford [37] , de forme identique à la nôtre et paraissant perpétuer une tradition. En comptant celle à laquelle appartiennent les vases d'Histria, nous pouvons former la tète d'une liste qui se complètera par la suite.

Quelle peut être l'origine de la belle fabrique d'Histria? Elle est contemporaine des randes amphores sans engobe et date, coinme je l'ai dit, du début du sixième siècle (probablement le premier quart), époque encore glorieuse pou la métropole de la ville. En raison des influences lydiennes qu'elle dénote elle ne peut qu'être ionienne; le nombre des fragments trouvés dans nos fouilles pourrait inciter à la croire milésienne. Dragendorff [38] fait remarquer que la présence d'une de ces amphores sur l'épaule de Dionysos les caractérise comme amphores à vin, et que, par conséquent, on doit chercher leur origine dans un lieu renommé pour son vin ou dans une ville au commerce très étendu. Ce pourrait être Samos, Chios [39] ou bien Milet, l'amie des Lydiens, la cité mère de notre ville. Les trouvailles d'Histria indiquent plutôt cette région grecque orientale que les Cyclades ou Théra.

Je dois d'ailleurs faire remarquer que le motif central: deux cercles (Histria, Rhodes [40] ), deux cercles avec point central (Tanis [41] , le Phalère [42] ), ressemble singulièrement aux marques qui, à la même époque et sur la même partie du vase, se retrouveront aussi sur les grandes amphores d'Histria (voir chap. VII, n° 14 et 15 fig. 180 et 181). Jugerait-on absolument absurde de les interpréter comme des sortes de marques de commerce ou de fabrique, le trait ondulé seul étant l'ornement? Ce serait une manière d'expliquer l'anachronisme d'un décor dont l'aspect géométrique ne se comprend guère. J'ajoute qu'on ne peut interpréter autrement (c'est-à-dire avec le sens de marque ou de signe) le décor des amphores des tombeaux 64 (une croix inscrite dans un cercle) et 100 (le double cercle répété deux fois) de Théra [43] , cette dernière de forme identique à la nôtre. Je ne tiens du reste à cette hypothèse que dans la mesure - restreinte - où les nombreuses marques aux deux cercles, découvertes à Histria, la rendent plausible.

 

 

 

 

DESCRIPTION

 

1. - (B 1445). Partie supérieure d'une amphore ( Fig. 92 et 93). L'amphore est reconstituée à la figure 94. Les figures 91 et 93 représentent deux fragments avant la reconstitution. Argile rosée, à traînées grises, légèrement micacée (mica jaune). Col à embouchure évasée. L'embouchure occupe la moitié de la hauteur totale du col. Stries très apparentes. Mince couverte orangée, lustrée. Décor en noir lustré tournant au brun clair. La couleur est appliquée en couches minces avec une brosse qui détermine tour à tour soit des bandes opaques, soit des filets circulaires de largeur inégale, de tons différents, et régulièrement espacés. L'ensemble donne cependant l'impression de parallélisme. Col: noir en couche mince sur l'embouchure. La seconde moitié réservée est ornée de cercles concentriques avec point central. De chaque côté, deux zigzags verticaux. Anse sans décor.

Épaule et panse: le décor commence à une petite distance de la base du col (visible sur le fragment de la fig. 92) et continue jusqu'au pied du vase.

Diamètre de l'embouchure: 0m 16.

Hauteur probable: 0m 60 à 0m 65.

Trouvé en B, dépôt a.

La reconstitution de la figure s'inspire de la forme du Louvre D 39 (E. Pottier, Vases antiques du Louvre, I, p. 36 et pl. XXX) et de celle de Théra (Dragendorff, Thera, II, p. 189).

2. - (B 1445 b). Fond de skyphos (Pl. VII, n° 1 cn couleurs). Argile rose, micacée, à traînées grises. Engobe rougeâtre, lustré. Décor en noir lustré, tournant au brun ou au jaune. Le dessous du pied orné de deux cercles concentriques.

Diamètre: 0m 07.

Hauteur du pied: 0m 01.

Trouvé en B.

Sur ce vase, la technique à la brosse n'est employée qu'à l'intérieur.

L'extérieur avait probablement le décor habituel aux coupes ioniennes.

 

3. - (B 1445 a). Fragment de grande amphore (Pl. VII, n° 4, en couleurs).

Même argile recouverte d'un engobe brun clair épais et lustré. Décor en noir lustré tournant au jaune. Le décor se composait de bandes alternant avec des filets circulaires noirs. Entre eux, le champ était couvert de minces filets parallèles.

Plus grande dimension: 0m 07.

Trouvé en B.

 

4. -(B 1443). Idem (Pl. VII, n° 2, en couleurs).

Argile rougeâtre, micacée (mica jaune) à traînées grises. La surface recouverte d'un engobe vieil ivoire, épais et lustré. Le décor est en rouge clair devenant rose ou jaune par endroits. Décor en bandes et en stries circulaires parallèles.

Plus grande dimension: 0- 09. Trouvé en C.

 

5. -(B 1225). Idem (Pl. VII, n° 3, en couleurs).

Argile rouge brique, micacée; beaucoup de parties grises. Surface extérieure recouverte d'un engobe blanc un peu rugueux, mais épais et lustré. Décor en rouge brique mat formant des stries parallèles, irrégulièrement espacées.

Épaisseur: 0m 01.

Plus grande dimension : 0m 07. Trouvé en C.

 

 

AUTRES FORMES DE GRANDS VASES

C. - AMPHORE-PITHOS

 

Nous terminons la série des grandes amphores par un fragment ( fig. 95) dont l'origine est assez difficile à déterminer. Il fait partie de l'ancien fonds et l'on ne sait à quel endroit de la fouille il a été trouvé; de sorte qu'il est impossible d'avoir aucune indication de date même approximative. En raison du renflement du col et de la hauteur d'attache des anses, je le crois archaïque, et peut être contemporain de nos grandes amphores. D'autre part, l'argile rouge et dure ressemble beaucoup à celle des grands pithoi et en général à celle de la grosse poterie romaine. Mais on trouve aussi cette même sorte d'argile employée par certaines fabriques de l'époque archaïque. De sorte qu'ici encore on est réduit aux conjectures.

La forme particulière du rebord de l'embouchure, plat et à coupe nette, rappelle celle des aryballes et laisse supposer que le vase contenait de l'huile. Sa hauteur, qui d'après la longueur du col et l'épaisseur de l'argile devait dépasser un mètre, en faisait un récipient d'un volume assez considérable.

 

DESCRIPTION

 

6. - (B 139). Col d'amphore-pithos ( Fig. 95).

Argile rouge à traînées grises, dure et très cuite. Rebord de l'embouchure plat. Col galbé. I1 ne reste que l'attache des anses à coupe ellipsoïdale. Aucun décor.

Longueur du col: 0m 225.

Diam. sup. de l'embouchure (avec le rebord): 0m 18.

Le numéro a été attribué par mégarde. Le fragment a été trouvé dans un amas de débris de tuiles de diverses époques; il est antérieur à nos fouilles.

 

D. - SITULE-PITHOS

 

Dans la série des grands vases ont encore été trouvés les fragments d'un récipient ( fig. 93) d'une contenance analogue à celle des am­phores étudiées précédemment. La courbe continue qui part du col indique que nous avons affaire à une forme de situle. La technique qui comporte la peinture et l'incision, l'usage du décor en zigzags, sont des éléments qui s'accordent avec une origine grecque orientale, comme nous l'avons dit plus haut. L'argile est également sem­blable à celle des vases «rhodiens », avec les petits corps étran­gers que l'on trouve toujours dans la pâte des grands vases où ils sont nécessaires.

L'usage de la situle et des vases en forme de situle n'est pas rare dans l'Orient grec. Ces vases ne sont cependant pas d'un usage courant et il semble, par la manière un peu négligée don’t sont exécutés beaucoup d'entre eux, que cette forme a été peu appréciée et a disparu assez vite.

On a trouvé des situles à Daphné, à Vroulia, ce qui incite Kinch à leur attribuer une origine rhodienne [44] . Mais ces situles sont de petits vases dont la hauteur moyenne est de 25 à 30 cm. L'exemplaire d'Histria se rapproche beaucoup plus d'un grand. vase trouvé à Samos et publié par Boehlau [45] . Le vase de Samos a 0-97 de hauteur; par sa contenance, il est de la famille des pithoi. D'après le diamètre de l'embouchure, la hauteur de notre vase doit être approximativement 0- 50. Il faut donc le situer entre la forme de Samos et celle de Vroulia et de Daphné. D'ailleurs, l'emploi d'un décor peint, que l'on ne trouve pas en général sur les très grands vases, confirme cette contenance moyenne. Le vase d'Histria peut provenir des environs de Milet ou tout au moins d'une région qui pratiquait la technique du bucchero (Éolide?), comme paraît le prouve la présence de la ligne ondùlée incisée.

 

DESCRIPTION

 

 

7. - (B 1299). Fragment de situle ( Fig. 96 et 97).

Argile rose. Nombreuses traînées grises, petits fragments de silex et de minéraux, très finement micacée (mica blanc). La surface extérieure est revêtue d'une couverte orangée également micacée. Décor incisé et peint. La peinture est un rouge mat qui devient brun dans les parties plus épaisses.

Embouchure: reste d'une bande de peinture rouge en couche épaisse sur le plat du rebord.

Panse: cette forme ne présente pas de col. On passe sans transition de l'embouchure à la panse. Près de l'embouchure, deux bandes circulaires peintes, au-dessous desquelles commence le décor: lignes ondulées horizontales, peintes et incisées; des bandes circulaires les séparent en zones. De haut en bas, on trouve deux bandes de zigzags peints, séparées par des bandes circulaires, puis, entre deux filets circulaires incisés, une large bande de trois zigzags incisés. La, trace d'une bande circulaire peinte au-dessous de la dernière ligne incisée montre que le décor peint reprenait vers le bas.

Diamètre de l'embouchure: 0m 30.

Épaisseur: de 0m 01 (embouchure) à 0m 015 (vers le bas).

La forme a été reconstituée en s'inspirant du vase publié par Boehlau, p. 17, fig. 14, et des situles de Daphné (Vroulia, p. 125, fig. 42).

Trouvé en C.

Derniè e moitié du Vle siècle. 

 



[1] Dragendorff, Thera, II, p. 229.

[2] Prinz, p. 86.

[3] Dragendorff, Thera, II, p. 228, fig. 425 c

[4] Flinders Petrie, Tanis, II, pl. 36, n° 5

[5] Naucratis, I, pl. 16,

[6] Naucratis, I, p. 23; Thera, II, p. 229.

[7] E. Pottier, Vases antiques du Louvre, I, pl. 30 D 40 ; Jacobstlial et Neuffer, Gallia Graeca, p. 10, note 1 et fig. 2.

[8] Clara Rhodos, III, pl. III, tombeaux CXXXVI, CIX, CXII, CXLII CXXXIV, CXXXIX, CXI, LXXXI, CXVIII, CXXXI, CII, XCV, CXII, CXIV, CV, CXXX, etc

[9] Voir par exemple le vase sumérien de Kofajè, Ill. London News, 14 sept. 1935; l'amphore mycénienne (L. M. III) de Munich, Jacobsthal, Ornamente, pl. I I b, p. 21 ; Vroulia, pl. 25, 10 et pl. 39, 11, 6

[10] Voir, par exemple Clara Rhodos, III, pl. III, CXXXVI.

[11] Je n'ai malheureusement pas de renseignements sur leur présence ou non à Milet même. Mais il est vraisemblable d'y supposer l'existence.

[12] Jacobsthal et Neuffer, Gallia Graeca, p. 2

[13] E. Pottier, ouvr. cité, pl. 30, p. 40

[14] Thera, II, p. 228, fig. 425 c; forme analogue dans Naucratis, I, pl. XVI, 4 (à l'exception du col).

[15] Cf. Naukratis I, pl, XVI, 7.

[16] Cf. Appendice XIII

[17] Boehlau, p. 34, fig. 21.

[18] 1 Cf. le n° 5 de la description (p. 129) pour la signification de ce motif.

[19] Dragendorff, Thera, II, p. 228, fig. 425 a, 425 b, 425 c.

[20] Clara Rhodes, III, type des tombes CIX, CXII; type des tombes CXXXIX, etc.; type des tombes CII, XCV, CXII, etc.

[21] Technau, Beilage XVII. Cf. Boeblau, p. 34, fig. 21.

[22] Dragendorff, Thera, II, p. 228.

[23] Ibidem

[24] Pottery of Asia Minor: CVA, Classification 7, p. 5-6.

[25] Malheureusement sans numéro.

[26] Voir pl. VII, n° 1.

[27] Cf. plus bas, chap. IX p. 300.

[28] Wide, Jahrbuch, XIV (1899), p. 188, fig. 46 et 47

[29] Dragendorff, Thera, p. 188 et suiv.

[30] Prinz, p. 85-86.

[31] Δελτίον, II (1916), fig. 11, p. 27: tombeau 47.

[32] Musée d'Éleusis.

[33] Clara Rhodos, 111, pl. VI, tombeau LXXXVI ; IV, pl. VIII, tombeau CCV.

[34] Je ne parle ici que des exemplaires qui ressemblent de près aux nôtres et non pas de ceux qui ne s'y apparentent que de loin, comme les vases réunis par Wide (Ath. Mittheil., 14 (1899), p. 191, fig. 48, 49), qui n'ont en commun avec les nôtres que le principe d'un décor géométrique simple, limité au col, mais diffèrent par la forme et par le décor de la panse.

[35] Théra 11, p. 189.

[36] Vases antiques du Louvre, I, p. 36, D 39

[37] CVA, Oxford, fasc. 2, pl. 4, n° 1 « Neck-amphora of panathenaic shape; second quarter of the sixth century»

[38] Thera, 11, p. 189.

[39] Je n'en vois pas trace dans l'étude de Technau. D'ailleurs il faudrait trouver un grand nombre de fragments pour que le lieu d'origine devienne plausible.

[40] Clara Rhodos, III, pl. IV, tombeau LXXXVI.

[41] Tanis, II, pl. XXIV, fig. 9.

[42] S. Pélékidès, Δελτίον, II (1916), p. 28, n° 6, fig. 11; l'auteur montre que ce groupe de vases présente une couverte noire, brune ou brun rouge.

[43] Thera, II, p. 188, fig. 380 (tombeau 64) ; p. 189, fig. 381 (tombeau 100).

[44] Vroulia, p. 125 et fig. 42.

[45] P. 27, fig. 14.